[Playlist] Tom McRae

tom mcrae standing band

Il est question aujourd’hui d’un retour d’entre les morts, d’une résurrection artistique que plus personne n’attendait. Le nom même de Tom McRae vous rappelle-t-il quelque chose ?

Rien n’est moins sûr ; pourtant, Tom McRae a été l’auteur de deux albums exceptionnels, bouleversants. Un album éponyme en 2000, suivi de Just like blood en 2003. De la folk merveilleusement ouvragée, une voix fluette, légèrement éraillée mais capable à l’occasion de puissantes et rudes envolées. Deux albums bardés de morceaux à faire pleurer les pierres. Quand Just like blood est sorti, j’avais quinze ans (eh oui) ; j’ai vu dans la foulée Tom McRae en concert, dans une toute petite MJC cannoise, et cela reste un souvenir intense.

Et puis, dès le troisième album, les choses commencèrent à se gâter. Passé trois belles chansons d’ouvertures, All Maps Welcome (2005) s’enlisait dans des morceaux passablement geignards, pauvrement fagotés, sans inspiration. Les albums de Tom McRae viraient à la caricature ; effets de manche, violons lacrymaux et manque de subtilité totale. Cela allait devenir sa marque de fabrique pour King of Cards (2007), The Alphabet of Hurricanes (2010) et From the lowlands (2012). Des naufrages où surnageaient, rarement, un ou deux morceaux.

Tom_McRae_-_Did_I_Sleep_And_Miss_The_BorderAutant dire que j’avais complètement lâché l’affaire jusqu’à lire une, puis deux, puis toute une pluie de bonnes critiques pour Did I sleep and miss the border ? sorti en mai dernier sous l’alias Tom McRae & the Standing Band. Et le Standing Band en question tombe de fait à point nommé, donnant un coup de fouet aux compositions de Tom McRae qui s’éloignent des rivages lénifiants où elles étaient échouées depuis longtemps. Sur ce Did I sleep and miss the border ? on retrouve les splendides arrangements de cordes qui faisaient les riches heures de Just like blood, de petites touches de marimba (?) qui faisaient l’identité d’un morceau comme A day like today, et même à l’occasion une nouvelle orientation qui lorgne vers la country, sur My desert bride par exemple – le son de ce nouvel album sonne de manière générale plus américain qu’européen, comme le laisse présager l’imagerie (douteuse) qui l’entoure, évoquant les grands espaces de l’Ouest.

Ce qui réjouit surtout, c’est de retrouver le chant de Tom McRae, bien loin du chuintement neurasthénique des pires moments de All Maps Welcome, qui est à nouveau habité, sensible et fou comme il pouvait l’être sur les titres les plus puissants des deux premiers albums, Sao Paulo Rain, Mermaids Blues ou A & B song. Certaines critiques le comparent à Tom Waits et à Mark Lanegan – excusez du peu – et bien que McRae n’ait pas leur voix caverneuse, le parallèle n’est pas aberrant.

Certes, tout n’est pas irréprochable dans ce septième album où figurent quelques morceaux dispensables. Mais personne n’aurait pu imaginer un tel retour pour Tom McRae, et cela mérite largement d’être salué.

Pour fêter ça, je vous propose évidemment d’écouter l’album (sur Spotify / Deezer), mais également une petite playlist best-of pour ceux et celles qui souhaiteraient découvrir Tom McRae : sur Spotify / sur Deezer.

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