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Et avec sa queue, il frappe ! de Thomas Gunzig

bruce lee

Quand on est petit, qu’on vit dans la peur des grands de l’école, qu’on a été élevé dans l’idée que le monde est plein de dangers, quel maître à penser peut-on trouver pour se sortir de là ?

Thomas Gunzig, que j’ai découvert l’année dernière avec le très utile Manuel de survie à l’usage des incapables, a la réponse. Elle vient de ses propres souvenirs d’adolescent, au moment où la pression sociale commence à se faire plus forte, où se cacher n’est plus suffisant car les autres se mettent à sentir « l’odeur de la peur » sur les plus faibles. A cet âge-là, Gunzig a emprunté de l’argent à ses parents pour prendre un abonnement au vidéo-club et a découvert, entre autres, tous les films de Bruce Lee. C’est lui qui, dans la Fureur du dragon, dit avant d’abattre un valeureux adversaire : « Le petit dragon approche sa proie… Et avec sa queue, il frappe ! »

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La Ville dont le prince est un enfant d’Henry de Montherlant

La_Mala_Educacion

Dramaturge et romancier à succès, élu à l’Académie sans même avoir posé sa candidature, auteur d’un cycle romanesque, Les Jeunes Filles, vendu à des millions d’exemplaires, Henry de Montherlant est depuis son suicide en 1972 tombé dans un oubli relatif. De son roman, on n’entend presque jamais parler ; de son théâtre, on évoque parfois la tragédie La Reine morte et de La Ville dont le prince est un enfant, pièce ébauchée dès 1912 mais publiée en 1951, puis remaniée plusieurs fois, succès immédiat qui vaut à Montherlant d’être sollicité par la Comédie Française alors qu’il rechigne à la faire représenter sur scène.

La Ville dont le prince est un enfant est un drame qui se déroule dans un environnement que Montherlant a souvent mis en scène, influencé en cela par ses souvenirs de jeunesse : un collège de garçons catholique. Trois personnages suffisent à l’intrigue, même si quelques autres passent parfois en coup de vent : deux élèves, Souplier et Sevrais, coupables d’entretenir une amitié particulière – comme on le dit pudiquement en littérature – et l’abbé Pradts qui, fasciné par sa fraîcheur et sa nonchalance, cherche à protéger Souplier, pourtant fort mauvais élève, contre vents et marées.

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