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Nouvelle adresse et nouveau look

Bonjour à tous,

Comme certains l’ont peut-être déjà remarqué, le blog a subi un ravalement de façade intégral avant d’attaquer la nouvelle année. Mais ce n’est pas tout ce qu’il y a de neuf : alors que vous aviez l’habitude de vous rendre sur profplatypus.com, vous voilà maintenant – si tout se passe bien – sur profplatypus.fr

La redirection se fait automatiquement si vous tentez d’accéder à l’ancienne adresse ; cependant, si vous suiviez le blog par le biais de son flux RSS, d’un abonnement WordPress ou d’un abonnement par mail, vous allez bientôt cesser (en principe) de recevoir des notifications pour les nouveaux billets. Pensez donc, pour ne rien rater, à modifier votre agrégateur de flux, à vous réabonner par mail en utilisant le formulaire dans la colonne de droite, ou plus simplement à liker la page Facebook du blog !

Merci pour votre fidélité et à très bientôt !

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blog sur facebook

Une petite page de pub avant la reprise de vos programmes habituels : les Carnets du Pr. Platypus sont maintenant aussi sur Facebook !

En plus des nouvelles publications (qui portent parfois sur des livres lus six mois auparavant…), j’essaierai entre autres d’y partager mes lectures en cours – parce que ça peut être #VendrediLecture tous les jours…

C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis un moment mais qui est complètement en décalage avec ma manière de tenir le blog (vous avez peut-être remarqué que je ne suis pas un rapide, pour répondre aux commentaires notamment), mais ma bonne résolution de 2016 sera d’animer cette page régulièrement. J’espère vous y retrouver nombreux !

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La Baleine dans tous ses états de François Garde

migaloo

Une confession d’abord : je voue une passion presque déraisonnable aux baleines. S’il existait une religion vouant son culte à une déesse-baleine, j’en ferais partie ; voire, je serais capable de la fonder. La liturgie consisterait en une adoration sans fin de sa puissance, sa taille, sa beauté, et se complèterait par quelques à-côtés du type messes noires autour du squelette de la baleine des Basques du Muséum d’Histoire Naturelle, guerre de religion contre les mécréants la chassant et pèlerinage annuel sur les côtes desquelles on peut apercevoir la reproduction des géantes.

Aussi, lorsque j’ai vu que François Garde, dont j’ai beaucoup aimé le premier roman, Ce qu’il advint du sauvage blanc, sortait un livre intitulé La Baleine dans tous ses états, j’ai su qu’il était fait pour moi. Bon sang, un coreligionnaire ! La secte pouvait naître.

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The Familiar, volume 1 de Mark Z. Danielewski

danielewski the familiar

Il était attendu de pied ferme, ce premier volume de The Familiar. C’est que Danielewski, après avoir sorti deux des romans les plus hallucinants des années 2000 – House of leaves et Only Revolutions – nous a laissés presque sans nouvelles pendant dix ans. Il y a bien eu la publication, il y a trois ans, d’un texte de 2005, The fifty-year Sword, où l’on retrouvait avec joie le goût de l’auteur pour les jeux avec la mise en page et la typographie dans un conte horrifique des plus convaincants ; mais cela n’avait rien de comparable avec l’attente suscitée par le projet The Familiar.

L’argument-choc, d’abord, c’est l’envergure du projet : si tout se passe bien, The Familiar comptera 27 volumes. Le premier, sous-titré One rainy day in may, est sorti au début du mois ; le deuxième est déjà en préparation et sortira chez Panthéon en octobre. Connaissant Danielewski, on peut imaginer que chacun des volumes sera d’une taille comparable au premier ; 27 fois 800 pages, donc : un monstre. On se demandait bien, donc, ce que Danielewski allait pouvoir raconter sur plus de 20.000 pages, et ses premières déclarations – ce serait l’histoire d’une petite fille qui trouve un chat – avaient de quoi intriguer. On en sait désormais un peu plus

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La playlist du dimanche soir : LA Priest

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En 2007, un quatuor de freluquets anglais déferlaient sur la scène électronique, surfant sur des synthés hurlants. Leur nom, Late of the Pier, ne voulait à peu près rien dire et leur album Fantasy Black Channel, sorti en 2008, s’était imposé comme un des disques les plus prometteurs de l’année en inventant une sorte de new-rave punk. Avec une nonchalance qui confinait au je-m’en-foutisme, les quatre anglais y faisaient voler en éclats des morceaux écrits au scalpel. Heartbeat, Space and the woods, Focker avaient de quoi soulever les foules. Sur scène, pourtant, ils restaient maladroits, un peu encombrés par les structures toutes en pics et en crevasses de leurs morceaux. Leur prestation au festival des Inrocks 2008 manquait de maîtrise et de maturité.

Celle-ci n’est jamais venue : après un single en demi-teinte, Blueberry, en 2009, le groupe se sépare. Six ans plus tard, il semblerait que nous n’aurions plus de nouvelles de Late of the pier ni d’aucun de ses membres. En sept petites années, leur son a de toute façon pris un sacré coup de vieux, trop ancré qu’il était dans une époque où l’électro-pop fluo était reine.

Et puis, surprise, cette semaine un des Late of the Pier a refait surface sous un pseudo déjà aperçu de-ci de-là : LA Priest. Sam Dust a, d’après son label, passé cinq ans au Groenland « à étudier les effets sur les enregistrements sonores des phénomènes électro-magnétiques constatés dans la région de Ivittuut ». Voilà pour la prise de maturité et la longue pause réflexive (accompagnée d’un minimum de stupéfiants, on imagine).

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Price de Steve Tesich

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On a découvert Steve Tesich il y a deux ans, lorsque les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont propulsé Karoo, immense roman publié au début des années 90, juste avant la mort de l’auteur, sur le devant de la scène. Fort de ce succès-surprise, la petite mais indispensable maison d’édition publiait cet automne Price, le premier roman de Tesich.

Ce hasard du calendrier éditorial nous force ainsi à lire l’oeuvre de Tesich à l’envers : le roman de la maturité avant l’oeuvre de jeunesse, le texte du crépuscule avant celui des grandes espérances. Il y a ainsi quelque chose de déstabilisant à découvrir dans Price une fraîcheur, une inspiration qu’on ne trouvait pas dans Karoo. Une quinzaine d’années seulement les sépare pourtant, et Tesich a déjà 40 ans quand paraît Price. Mais là où Saul Karoo courait vers une mort annoncée bien à l’avance, Vincent Price, lui, est à l’aube de sa vie. Fraîchement sorti du lycée, il s’apprête avec une inquiétude certaine à entrer dans l’âge adulte. Il va le faire en un été (le titre original, Summer Crossing, contient bien cette notion de franchissement) qui concentrera toutes les expériences les plus marquantes que l’on puisse imaginer : le premier amour, le premier deuil, la première rupture.

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Deux jours déjà, et pas envie, pas envie de faire comme si rien ne s’était passé et de publier le billet qui attend, au chaud, que ce soit son tour ; pas la force, non plus, de mettre des mots sur l’indicible. Certains, plus doués ou plus forts, en ont heureusement prononcé quelques-uns qui réchauffent un peu pendant que nous étions tous sans voix.

Simplement, pour me rappeler le pouvoir des mots et de l’art en ces journées où ils ont été comme effacés par la violence la plus inhumaine, j’ai eu envie de relire un poème que je chéris. Un poème de douleur, de résistance et d’amour, extrait du Roman Inachevé de Louis Aragon, un poème sur la renaissance, et sur l’art qui survit toujours à son auteur.

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