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Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

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Le prochain qui fait un billet sur Au revoir là-haut, qu’il soit prévenu, je le dézingue dans les commentaires ; je n’en peux plus d’entendre parler de ce roman. Bientôt six mois que ça dure : et que je te parle du savoir-faire de l’auteur qui réussit brillamment à sortir de son polar habituel tout en conservant son efficacité, et que je loue la fabuleuse et révolutionnaire idée de parler non de la guerre de 14-18 mais de l’après-guerre et des gueules cassées (dites, la Chambre des officiers, ça vous rappelle rien ?), et que j’en rajoute une couche sur ce Goncourt 2014 qui extrait enfin ce prix de sa gangue d’élitisme poussiéreuse (alors que bon, les Goncourt 2011 et 2012 sont certes chiants à crever, mais élitistes, non, suffit), et que je termine en soulignant que là on tient, enfin, un vrai grand roman populaire.

Voilà, on va pas se cacher, tout le monde l’a compris depuis un moment : j’suis snob, comme disait Vian. Et je sais que je ne suis pas le seul. N’empêche que, puisqu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et qu’on m’a prêté ce fameux roman de Lemaitre, j’ai fini par le lire. Armé de tous ces solides apriori. Prêt à noter toutes les incongruités, à en découdre, à le traîner dans la boue cet Au revoir là-haut. Et me voilà tout penaud : mes excuses à tous ceux qui, comme moi, n’en peuvent plus de lire des louanges à son sujet. Au revoir là-haut est un bon roman. Mais ne comptez pas sur moi pour parler de grand roman populaire.

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