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La Peau de l’ours de Joy Sorman

ours

Dans le précédent roman de Joy Sorman, Comme une bête, il était question d’un garçon-boucher passionné par la sensualité cruelle de son métier, fasciné par la viande et le sang mais aussi par les animaux destinés à l’abattoir avec lesquels il entretenait une relation ambiguë, presque amoureuse. Au point de s’identifier à eux et de basculer dans une animalité oubliée. Comme une bête était un texte étonnant et détonant, loin d’être évident, mais dont se dégageait une force indéniable. Pour cette rentrée, Joy Sorman nous propose de faire le trajet inverse : après Pim, le boucher devenu bête, notre narrateur sera un ours un peu trop humain.

Un ours, ou plutôt plusieurs : né dans une atmosphère de légende médiévale de l’union contre-nature d’un ours et d’une femme enlevée et violée, notre narrateur sera tour à tour la propriété d’un montreur d’ours qui écume les foires de France, d’un amateur de combats d’animaux sauvages du Nouveau Monde, d’un cirque spécialisé dans les freaks et d’un zoo de la deuxième moitié du XXe siècle, tous parlant d’une seule voix. A travers ce narrateur multiple, c’est toute l’histoire de la relation entre l’homme et l’ours qui se dessine.

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