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L’Infinie Comédie de David Foster Wallace

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La difficulté qu’il peut y avoir à écrire un billet d’à peine plus de mille mots pour rendre compte d’un livre de 1500 pages n’a d’égale que la pression que l’on ressent à devoir parler d’un livre ultra-culte qui, en plus, mérite ce statut. Forcément, dans le cas de l’Infinie Comédie, on cumule. Mine de rien, j’attendais cette traduction depuis pas loin de dix ans (1) et sa sortie sans cesse repoussée (2) a fini par en faire une sorte de Graal littéraire que j’étais tout ému de commencer – pendant une semaine de vacances que j’avais peut-être posée, inconsciemment, rien que pour ça.

Un mois après, il est temps de rassembler un peu de courage et d’essayer de faire justice à ce grand livre, dans tous les sens du terme, et me voilà encore à trouver des moyens de repousser le moment de parler du texte. Il n’est pourtant pas, pour commencer, si difficile à résumer – ce qui est déjà assez extraordinaire pour une oeuvre de cette ampleur.

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2084, la fin du monde de Boualem Sansal

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En intitulant son dernier roman 2084, Boualem Sansal se place évidemment dans la lignée du 1984 de George Orwell. On s’attend naturellement à y trouver un univers dystopique dominé par un chef suprême tyrannique, et c’est effectivement le cas : le monde dans lequel évoluent Ati et Koa, les deux héros de 2084, se réduit à un immense pays, l’Abistan, gouverné par un être quasiment mythique, Abi, représentant sur terre du dieu Yölah.

Au programme : surveillance des masses, lavage de cerveau, injustices à volonté et purges régulières. Ati et Koa sont les premiers à flairer quelque chose de louche, et ils entament un périple qui les entraîne aux confins de Qodsabab, la capitale de l’Abistan, là où un ghetto rassemble les mécréants, fidèles de Balis – Satan, en gros -, puis dans les méandres de l’Abigouv où ils recherchent Nas, un ministre soudainement déchu pour sa mauvaise gestion d’une découverte archéologique.

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Cleer de L.L. Kloetzer

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Une tour de bureaux en verre, transpercée par les rayons du soleil. Une ruche où s’activent des milliers de pions, tous dévoués à la sacro-sainte entreprise, Cleer, multinationale tentaculaire dont les activités s’étendent de la confection de bonbons à la production de petits bijoux de haute technologie. Au milieu, Vinh et Charlotte, nouvelles recrues du département « Cohésion Interne », sorte de cellule de gestion de crise où seuls les meilleurs sont acceptés. Vinh et Charlotte ont été choisis car leurs méthodes se rapprochent de celles d’agents secrets ou de héros de film de science-fiction. Car, justement, la SF, nous y sommes, bien que l’univers de Cleer ne se différencie pas tellement de celui de n’importe quelle entreprise internationale. Très peu de gadgets futuristes, pas de dystopie à proprement parler : la science-fiction ne saurait se résumer à ça et Cleer, sous-titré « Une Fantaisie corporate » est le portrait à peine grossi de notre marché du travail.

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