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J’étais la terreur de Benjamin Berton

Il était exactement 16h55 lorsque deux détonations ont retenti, suivies de tirs en rafale puis d’une grosse explosion, dégageant de la fumée. Un hélicoptère déposait alors un commando sur le toit de l’entrepôt. S’ensuivaient une succession de flashs puis des tirs sporadiques et une nouvelle grosse explosion. Les frères Kouachi ont été tués en sortant et tirant pendant l’assaut. L’homme initialement présenté comme un otage, un jeune graphiste de 26 ans selon Véronique Havel, adjointe au maire, a retrouvé la liberté indemne. Un membre du GIGN a été blessé.

Voilà comment le Parisien racontait la fin de la cavale des frères Kouachi, deux jours après l’attaque de Charlie Hebdo le 7 janvier. Cette fin, nous la connaissons tous. Benjamin Berton, lui en imagine une autre : et si un des frères Kouachi avait plutôt organisé sa disparition, réussissant à se faire oublier suffisamment longtemps, planqué au fin fond d’une forêt, pour ne plus ensuite éveiller les soupçons ? Et si…

Le « et si » est un peu gros, je vous l’accorde. Chérif Kouachi, qui s’exprime à la première personne, indique s’être inspiré des méthodes de Jean-Pierre Treiber. Pourquoi pas. Du début à la fin, cependant, subsiste une légère gêne vis-a-vis de ce postulat qui ne parvient jamais tout à fait à convaincre de sa plausibilité uchronique.

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Underground de Haruki Murakami

metro tokyo

Le 20 mars 1995 reste dans la mémoire de tous les Japonais pour être le jour où le pays a connu le plus grave attentat depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Entre sept et huit heures du matin, 5 membres de la secte Aum répandent dans autant de rames du métro de Tokyo du gaz sarin, contenu à l’état liquide dans des petites poches qu’ils laissent tomber discrètement sur le sol avant de les percer avec la pointe de leurs parapluies. Ce gaz, dont la composition chimique est proche de certains pesticides, est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Fatal même à petites doses, il peut laisser de graves séquelles aux personnes qui y sont exposées : troubles de la vision, difficultés respiratoires, maux de tête, troubles neurologiques…

Ce matin-là, il y a un peu moins de monde que d’habitude dans le métro de Tokyo : le lendemain est le premier jour du Printemps, jour férié au Japon, et certains font le pont. L’attentat fait tout de même 5500 blessés et 12 morts.

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