10

Du ménage dans ma PAC

Comme tous les gros lecteurs, j’ai une PAL – Pile à Lire – que j’essaye de contenir et de maîtriser. A côté, j’ai également une PAC – Pile à Chroniquer – pour tous les livres terminés sur lesquels je n’ai pas encore eu le temps d’écrire un billet. Pour ne pas me laisser déborder, j’essaye de faire en sorte qu’elle ne dépasse pas les dix exemplaires, et qu’aucun n’y traîne plus de trois mois. Comme elle a, ces jours-ci, largement dépassé ces deux limites (le record de longévité appartient à Siri Hustvedt, dans la PAC depuis décembre) et que la rentrée, qui est généralement une période où les deux piles débordent, approche, voilà un mot rapide sur quelques-uns de ces livres qui traînent depuis un peu trop longtemps.

Lire la suite

2

Manuel de survie à l’usage des incapables de Thomas Gunzig

supermarket-food

Tout commence sur un baleinier. Ambiance Moby Dick. Des moussaillons inexpérimentés scrutent les flots à la recherche d’un foutu rorqual que le capitaine traque depuis vingt ans. Celui-ci rôde, dans l’ombre, une énigme que peu de membres de l’équipage ont eu l’occasion de réellement rencontrer. Il paraît d’ailleurs qu’il est un peu timbré. Rien à voir avec le capitaine Achab cependant ; pas question de combat avec la force divine que représente un cachalot blanc, ici il s’agit simplement de ramener au port quelques tonnes de viande qui s’écouleront à très bon prix. Car si tout commence sur un baleinier, il est avant tout question de logique marchande dans ce Manuel de survie. Une logique marchande ardemment moquée par Thomas Gunzig, dont la première pirouette apparaît après une scène épique de chasse à la baleine, lorsque celle-ci, harponnée, se débattant dans une eau bouillonnante mêlée de sang, révèle son flanc sur lequel les marins découvrent, consternés, la célèbre virgule de Nike. Chute surréaliste de ce court récit de genre, qui nous met tout de suite en jambes et nous fait comprendre, si on ne le connaissait pas avant, que Thomas Gunzig est un sacré charlot et qu’il va bien se foutre de nous pendant 400 pages. Et qu’en plus, on va adorer ça.

Lire la suite