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L’Homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk

vipère bestiaire médiéval

Il y a fort longtemps, dans les forêts d’Estonie, les hommes et les animaux vivaient en harmonie. La langue des serpents, comprise par tous, servait de dialecte commun. Les hommes n’avaient qu’à siffler pour se faire comprendre des ours, des cerfs et des vipères. Quelques mots suffisaient pour qu’un lièvre ou un élan accoure auprès d’un homme et se laisse tuer pour lui servir de repas et, planant au-dessus de cet immense paradis terrestre, la Salamandre, un reptile légendaire « vaste comme la forêt », protégeait tous les Estoniens.

Les habitants de la forêt vivaient en autarcie, sans être troublés par la course du monde. Mais peu à peu, des moines et des hommes de fer ont débarqué sur ses côtes, apportant les progrès de la civilisation chrétienne. La Salamandre a décimé les premières vagues, mais au fur et à mesure que certains habitants de la forêt cédaient aux sirènes de l’agriculture et de l’élevage et fondaient les premiers villages, son pouvoir s’est amoindri. Lorsque commence le roman d’Andrus Kivirähk, seul Leemet, un jeune garçon éduqué à l’ancienne par son oncle Vootele, parle encore correctement le langage des serpents tandis que tous les autres Estoniens perdent petit à petit leurs liens avec les habitants de la forêt.

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La Fin du vandalisme de Tom Drury

midwest barn

Quelque part dans le Midwest profond se trouve le comté de Grouse, fait de petites villes dont les points névralgiques sont la boutique du barbier et le bureau du shérif, de granges égarées au milieu de champs immenses, de chemins cabossés qui ne connaissent pas les embouteillages. On ne saura pas si ce comté, semblable à des dizaines d’autres, se trouve dans le Minnesota, l’Indiana ou le Wisconsin, puisqu’il n’existe que dans les romans de Tom Drury, qui en a fait le centre de son oeuvre. Il est même, avec sa topographie, son ambiance bien particulière, presque hors du monde, le premier personnage de ce roman qui en compte plus de soixante-dix – une liste à la fin du volume permet de s’y retrouver, et ce n’est pas une mince affaire. Car si nous suivons principalement trois personnages, le shérif Dan, sa nouvelle épouse Louise et l’ex-mari de celle-ci, Tiny, le récit se brise volontiers, s’éparpille même.

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