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Faillir être flingué de Céline Minard

le bon la brute et le truand

« Un western plein de souffle, d’ humour et de beauté sauvage », « un grand roman saisissant de maîtrise, mais aussi souvent époustouflant de beauté », « sacrément bien construit et exécuté avec tout ce qu’il faut d’irrespect pour la tradition », « roman polyphonique et virtuose sur le destin des pionniers du Nouveau Monde », « cette langue somptueuse aux allures de chant par laquelle le roman prend des airs d’épopée »…

Oui, quand je passe particulièrement à côté d’un roman qui a reçu des critiques élogieuses, j’aime bien aller les relire attentivement pour essayer de confronter ma lecture à ces points de vue. L’exercice est assez inutile puisque j’en ressors à peu près toujours sans revoir mon jugement et avec en plus l’impression que tous ces gens sont fous/bourrés de coke/grassement payés sous la table (ici, vu l’éditeur, je ne retiendrais pas cette hypothèse) et que je suis la dernière personne sensée sur cette terre – car il est important d’avoir une bonne estime de soi. Mais tout de même, pour Faillir être flingué, je me sens très seul. Tout juste ai-je pu compter sur le billet de Tu vas t’abîmer les yeux pour trouver un peu de compagnie – merci à elle.

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L’Homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk

vipère bestiaire médiéval

Il y a fort longtemps, dans les forêts d’Estonie, les hommes et les animaux vivaient en harmonie. La langue des serpents, comprise par tous, servait de dialecte commun. Les hommes n’avaient qu’à siffler pour se faire comprendre des ours, des cerfs et des vipères. Quelques mots suffisaient pour qu’un lièvre ou un élan accoure auprès d’un homme et se laisse tuer pour lui servir de repas et, planant au-dessus de cet immense paradis terrestre, la Salamandre, un reptile légendaire « vaste comme la forêt », protégeait tous les Estoniens.

Les habitants de la forêt vivaient en autarcie, sans être troublés par la course du monde. Mais peu à peu, des moines et des hommes de fer ont débarqué sur ses côtes, apportant les progrès de la civilisation chrétienne. La Salamandre a décimé les premières vagues, mais au fur et à mesure que certains habitants de la forêt cédaient aux sirènes de l’agriculture et de l’élevage et fondaient les premiers villages, son pouvoir s’est amoindri. Lorsque commence le roman d’Andrus Kivirähk, seul Leemet, un jeune garçon éduqué à l’ancienne par son oncle Vootele, parle encore correctement le langage des serpents tandis que tous les autres Estoniens perdent petit à petit leurs liens avec les habitants de la forêt.

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Karpathia de Mathias Menegoz

carpathes menegoz

Quand le peuple est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir, et, quand il est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer.

Cette maxime répétée par son père, le comte Alexander Korvanyi, heureux héritier d’une vieille famille possédant d’immenses terres s’étendant tout autour de la Transylvanie, va en prendre toute la mesure au cours de l’été 1833. Fraîchement libéré de ses obligations vis-à-vis de l’armée, où il a fait une carrière remarquée, jeune époux de la ravissante autrichienne Cara Von Amprecht, il décide de rentrer sur la terre de ses ancêtres, qu’il n’a jamais vue mais qui lui paraît pleine de promesses. Il est d’ailleurs temps de reprendre en main ce territoire qui, laissé aux mains d’un intendant manifestement peu zélé, rapporte bien moins qu’il ne le devrait. La route depuis Vienne est longue et difficile, mais rien ne pourra empêcher Alexander de mener ses projets à bien…

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