0

Dancing with myself d’Ismaël Jude

baigneuses courbet

Du début de l’adolescence à l’âge adulte, Dancing with myself, premier roman d’Ismaël Jude, raconte les premiers émois et la découverte du désir et du plaisir de son jeune narrateur. Fils des propriétaires d’une discothèque du fin fond de la campagne normande, il vit ses premiers troubles au contact des couples qui s’unissent dans les recoins de la salle et des strip-teaseuses qui viennent occasionnellement animer les soirées. Un peu plus tard, il prendra du plaisir à observer en secret une cousine, Mina, puis découvrira pour de bon les plaisirs de la chair à Paris, où la vie nocturne lui offre mille possibilités.

Fétichiste, voyeur, exhibitionniste, onaniste… Au fil de son initiation érotique, le narrateur adopte tour à tour tous les penchants. « Pour me séparer de certains de mes vices, dit-il, j’en adopte de nouveaux, plus élaborés. C’est la seule méthode dont on dispose. » Tous ces moyens de parvenir au plaisir n’ont in fine qu’un seul objectif : percer le mystère du sexe féminin, cette « chatte » ou cette « moule » qui n’a pourtant rien d’un animal, qui représente un secret qui échappe pendant longtemps à l’adolescent et dont la résolution ne satisfait pas tout à fait l’adulte.

Lire la suite

0

La Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch

Photo-du-film-LA-VÉNUS-À-LA-FOURRURE

Sortez les fouets et les cordes, le billet d’aujourd’hui va faire mal. Ou va vous faire du bien, selon vos penchants. Avez-vous déjà rêvé d’être ligoté aux pieds d’une femme-déesse prête à faire de vous tout ce dont elle a envie ? Pas moi, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier la Vénus à la fourrure, court roman qui se présente comme le catalogue des fantasmes de Sacher-Masoch et qui a largement contribué à définir ce qu’est le masochisme.

La déesse s’appelle ici Wanda. Séverin, notre narrateur, la rencontre par hasard dans un hôtel est est aussitôt fasciné par sa beauté de marbre. Elle sera sa Vénus, archétype de la femme cruelle et égoïste qui domine ses amants et ne se veut guidée que par le plaisir de ses sens. Wanda hésite pour commencer, mais comprend bien vite que jouer à la dominatrice sera le seul moyen de garder auprès d’elle l’homme dont le charme l’a troublée. Les deux amants signent un contrat stipulant que Séverin devient l’esclave de Wanda, qui obtient droit de vie et de mort sur lui, qui devra se faire passer pour son valet afin de rendre son humiliation plus grande. La seule contrepartie : elle devra porter, le plus souvent possible, des fourrures pour stimuler l’imaginaire sexuel de son esclave.

Lire la suite