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Déluge d’Henry Bauchau

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Florence est malade. On ne sait pas bien de quoi, d’où, mais en tout cas elle est convaincue qu’elle va mourir d’ici un ou deux ans grand maximum. Une maladie grave, donc, genre leucémie. Elle pourrait se tourner vers la médecine, Florence, mais non, elle prend la décision la plus évidente qui soit, celle qu’on prendrait tous : elle démissionne, quitte Paris et va s’installer dans un petit port du sud de la France. Parce qu’il est bien connu qu’un peu de soleil, ça soigne tout. Ou peut-être parce qu’au moins, si elle doit vraiment mourir, elle aura vécu ses dernières années à siroter du rosé et à manger de la bouillabaisse en terrasse – tout ça n’est pas clair.

Seulement, un petit grain de sable va se glisser dans l’engrenage : il s’appelle Florian. En fait c’est son nom de famille puisqu’il s’appelle Flocon Florian (ben oui, et alors ?), mais ça n’a aucune espèce d’importance. Lui non plus n’a pas été épargné par la vie. On ne va pas se mentir, il est même un peu fêlé, le pauvre homme. Artiste peintre de son état, il a quitté Paris lui aussi pour retrouver un peu de tranquillité d’esprit. Ce qui n’a que très moyennement fonctionné puisque quand Florence le rencontre, il est en train de brûler une de ses toiles à proximité de dizaines de barils de pétrole qui transitent par le port. Car Florian ne supporte pas que d’autres que lui posent leur regard sur ses oeuvres ; il préfère donc les détruire. Mais la présence de Florence, qu’il reconnaît instantanément comme une semblable, va lui permettre petit à petit de dépasser ce complexe ; en s’épaulant l’un l’autre, ces deux oisillons tombés du nid vont apprendre à voler (c’est beau).

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