0

Un sultan à Palerme de Tariq Ali

manteau roger ii de sicile D

Sicile, 1153. Après des années à naviguer de par le monde, la cartographe Idrisi revient à Palerme, où il va retrouver le roi Roger II, et donner à lire au monde le résultat de ses recherches. Ne reste plus qu’à trouver la première phrase de son livre avant de débarquer : la tradition voudrait qu’elle soit destinée à louer Allah, ce qui contrarie l’esprit scientifique d’Idrisi. Il voudrait pouvoir se passer de Dieu. Mais déjà que sa passion pour les créations du monde Occidental, à commencer par les œuvres d’Homère, et sa vieille amitié avec Roger II, alias Rujari, le sultan chrétien, le font parfois voir d’un mauvais œil, il est évident qu’une telle provocation est à éviter.

Idrisi ne va de toute façon pas avoir beaucoup le loisir de réfléchir à une telle question. Dès son arrivée à Palerme, il est assailli par ses filles, qui dénoncent leurs maris, supposément liés à un complot contre le sultan. Idrisi les soupçonne de vouloir simplement se débarrasser d’eux au prétexte qu’ils ont pris d’autres femmes. Mais très vite, c’est à une véritable forêt de complots et de conspirations en tout genre qu’Idrisi va se heurter. Personne à la cour ne sera plus en sécurité : ni lui, ni le Sultan, ni le fidèle Philippe, musulman converti au catholicisme et favori de Rujari. En un mot, ni chrétiens ni musulmans ne seront à l’abri de cette vague de fond qui va mettre à genoux tout un royaume.

Lire la suite

2

L’échange des princesses de Chantal Thomas

Louis XV et Marie Anne Victoire Infante d'Espagne

1722. Dans son bain, le régent Philippe d’Orléans, tuteur du jeune Louis XV, a une idée de génie pour rapprocher le royaume de France de celui d’Espagne, dirigé par Philippe V : un double mariage qui unira définitivement les destinées des deux pays. L’infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, épousera Louis XV tandis que le duc d’Orléans offrira sa propre fille, la princesse de Montpensier, au fils de Philippe V. Celui-ci, enthousiaste, accepte. On échangera les princesses à la frontière, au pied des Pyrénées. Une fois leur consentement arraché par la ruse ou la force, elles quitteront immédiatement leur cour natale pour se rendre dans le pays de leur futur époux.

Lire la suite

1

La Femme qui dit non de Gilles Martin-Chauffier

carla dit non martin chauffier

Quand on est une jeune bourgeoise anglaise exilée dans le fin fond de la Bretagne, il faut bien trouver de quoi s’occuper. Heureusement, en 1940, ce ne sont pas les occupations qui manquent*. Une aubaine pour Marge qui commence à trouver le temps long, temps pourtant partagé entre son époux, Blaise, et son amant, Mathias, lequel a d’ailleurs trouvé le moyen de lui faire un enfant, Timmy. Sans compter sur son acariâtre belle-mère qui ne sait rien faire d’autre que la contrarier.

Ah, oui, heureusement, il y a la guerre. Blaise part à Londres, Mathias navigue dans des eaux plus troubles qui le conduiront, plus tard, à préférer l’Indochine et l’Algérie à la France. Et Marge, du coup, va s’inventer résistante.

Lire la suite

1

Le Roi disait que j’étais diable de Clara Dupont-Monod

alienor mauzaisse

On me dit jolie, turbulente, ambitieuse. J’ai grandi dans un château posé sur la lande et je porte un prénom dont l’origine divise les poètes. Aliénor : Alaha an Nour, Dieu est lumière, en hommage à l’Espagne musulmane que mon Aquitaine a toujours aimée. Elienenn, en gaélique, qui signifie l’étincelle. Eleos en grec, « compassion ». Leneo pour le latin, « adoucir ». Il faut se méfier des mots. Ils racontent n’importe quoi. Mon prénom est un monde et personne n’y laisse son empreinte. Ni Dieu ni roi.

Dans le grand roman de l’Ancien Régime émergent quelques figures féminines. Le fait est déjà rare, mais il est encore moins courant qu’on les considère de manière positive. Le plus souvent, leurs liens avec le pouvoir sont décrits comme troubles – ce sont des épouses ou des maîtresses qui mènent un roi ou un duc à la baguette et tirent les ficelles dans l’ombre. Au mieux, on admire leurs talents de manipulatrices, comme Madame de Maintenon. Au pire, on les imagine un peu sorcières, comme Catherine de Médicis.

Lire la suite

12

Charlotte de David Foenkinos

charlotte_salomon

David en a assez.
On ne le prend pas assez au sérieux.
Avant, il écrivait des bluettes.
Maintenant, il écrit des livres sur le mal de vivre.
Avec un peu d’espoir à la fin quand même.
Ca ne suffit pas.
Il a pourtant des choses en lui.
Des choses sombres.
La mort.
Le deuil.
La douleur.
L’amour, ça va bien cinq minutes.

Lire la suite

0

Messe noire d’Olivier Barde-Cabuçon

botticelli_enfer

Messe noire est la deuxième aventure du « commissaire aux morts étranges ». Ce héros aux traits tout à fait séduisants mais absolument impénétrables (comme il se doit) évolue dans le Paris du XVIIIe siècle, flanqué de son père, moine défroqué et scientifique un brin en avance sur son temps puisqu’il a percé les mystères de l’inconscient tel que l’a théorisé Freud et découvert l’intérêt des empreintes digitales dans les enquêtes policières, mais aussi d’une sulfureuse et trouble jeune femme, Hélène, qui a semble-t-il été particulièrement bien dotée par la nature et va donc, comme il se doit encore une fois, essayer de séduire les deux hommes. Tout ceci pour dire que dès la présentation des personnages j’avais compris que ça allait être complètement con.
Mais bon, c’est un polar, alors la question reste : quel os ces flics de génie vont-ils avoir à ronger ?

Lire la suite

3

La Cloche d’Islande d’Halldór Laxness

maxresdefault

Halldór Laxness fait partie des prix Nobel un peu trop vite oubliés en dehors de son pays, faute de rééditions – voire d’éditions tout court – de ses oeuvres en français. A l’heure où la littérature scandinave est de plus en plus mise en avant – surtout par le biais du polar, certes – redécouvrir un de ses plus beaux porte-parole s’impose.

Ma première rencontre avec Laxness s’est faite au travers de la Cloche d’Islande. Très grand roman, profondément politique, publié dans les années 1940 alors que l’Islande est sur le point d’obtenir son indépendance, et qui revient sur une des périodes les plus sombres de la « longue nuit » Islandaise (pendant laquelle l’île se trouve sous domination danoise) au début du XVIIIe siècle. Ce serait le livre fondamental de Laxness, celui qui, avant tous les autres, lui aurait permis d’obtenir le prix Nobel de littérature en 1955. Divisé en trois volumes, La Cloche d’Islande met en scène trois personnages qui incarnent chacun à leur façon le peuple islandais qui résiste tant bien que mal à la domination danoise et aux multiples catastrophes qui le frappent, de la famine à la peste noire.