3

Une putain de catastrophe de David Carkeet

zorba le grec

Au risque de répéter des évidences, commençons par un petit éloge : tout juste dix ans après leur création, on ne saurait plus se passer des éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il devient même difficile de compter tous les auteurs de petits bijoux et de véritables chefs d’œuvre dénichés ces dernières années par la maison, de Juan Filloy à Steve Tesich en passant par Julien Campredon et Frederick Exley, avec par-dessus le marché une attention constante à l’objet-livre qui se fait bien trop rare ces temps-ci…

L’année dernière, cette petite équipe de génie a jeté son dévolu sur un roman de 1980 signé David Carkeet, Le Linguiste était presque parfait, dans lequel Jeremy Cook, linguiste exerçant dans un institut étudiant le développement du langage chez les nourrissons, se retrouvait à enquêter sur la mort suspecte d’un de ses collègues, avec pour seules armes ses connaissances en matière de double négation et d’énoncés performatifs. C’est ce même Jeremy Cook que l’on retrouve dans Une putain de catastrophe : peu après la faillite de son institut, le voilà qui retrouve du travail à l’agence Pillow, spécialisé dans les conseils aux couples qui battent de l’aile. Mais les conseillers Pillow ne sont pas des thérapeutes de couple comme les autres : ils sont là pour réapprendre aux époux à communiquer entre eux. Cook est donc envoyé par son nouveau patron chez les Wilson, un couple de Saint-Louis dont le mariage s’essouffle. Il devra passer quelques jours chez eux à les observer pour pouvoir corriger leurs petits travers, avec pour seul allié le Manuel Pillow, un recueil de conseils plutôt sibyllins.

Lire la suite