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La Répudiée d’Eliette Abecassis

torah

Rachel, la narratrice de la Répudiée, s’estime des plus heureuses. Son mariage a été arrangé par ses parents, certes, mais elle n’aurait pas pu tomber mieux : entre Nathan et elle, la distance respectueuse s’est très vite muée en tendresse puis en un amour et un attachement sincère. Mais dix ans après leur mariage, Nathan et Rachel n’ont toujours pas réussi à faire d’enfants. La loi du Talmud, qui considère la procréation comme le corollaire indispensable du mariage, autorise Nathan à répudier sa femme pour fonder un autre foyer. S’il hésite en raison des liens qui l’unissent à Rachel, son rabbin est plus catégorique et l’encourage à mettre fin à ce mariage infructueux.

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Une putain de catastrophe de David Carkeet

zorba le grec

Au risque de répéter des évidences, commençons par un petit éloge : tout juste dix ans après leur création, on ne saurait plus se passer des éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il devient même difficile de compter tous les auteurs de petits bijoux et de véritables chefs d’œuvre dénichés ces dernières années par la maison, de Juan Filloy à Steve Tesich en passant par Julien Campredon et Frederick Exley, avec par-dessus le marché une attention constante à l’objet-livre qui se fait bien trop rare ces temps-ci…

L’année dernière, cette petite équipe de génie a jeté son dévolu sur un roman de 1980 signé David Carkeet, Le Linguiste était presque parfait, dans lequel Jeremy Cook, linguiste exerçant dans un institut étudiant le développement du langage chez les nourrissons, se retrouvait à enquêter sur la mort suspecte d’un de ses collègues, avec pour seules armes ses connaissances en matière de double négation et d’énoncés performatifs. C’est ce même Jeremy Cook que l’on retrouve dans Une putain de catastrophe : peu après la faillite de son institut, le voilà qui retrouve du travail à l’agence Pillow, spécialisé dans les conseils aux couples qui battent de l’aile. Mais les conseillers Pillow ne sont pas des thérapeutes de couple comme les autres : ils sont là pour réapprendre aux époux à communiquer entre eux. Cook est donc envoyé par son nouveau patron chez les Wilson, un couple de Saint-Louis dont le mariage s’essouffle. Il devra passer quelques jours chez eux à les observer pour pouvoir corriger leurs petits travers, avec pour seul allié le Manuel Pillow, un recueil de conseils plutôt sibyllins.

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A qui la faute ? de Sophie Tolstoï

leon et sophie tolstoi

Suite à la publication en 1891 de la Sonate à Kreutzer, un court roman de son mari Léon dont je parlais il y a quelques jours, Sophie (ou Sofia) Tolstoï écrit son seul et unique roman : A qui la faute ? Celui-ci se veut une réponse au texte très pessimiste de Tolstoï et est construit en miroir par rapport à celui-ci : l’histoire est presque la même, celle d’un couple dont le mariage va se révéler désastreux, se concluant par la mort de l’épouse, malgré l’amour qui unissait au départ les deux conjoints. Mais si Tolstoï permettait au mari de livrer à la première personne sa vision de l’histoire, Sophie va plutôt adopter le point de vue de la femme, Anna. Logique, puisqu’elle semblait considérer que le roman de son mari était inspiré par leur relation à eux.

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La Sonate à Kreutzer de Léon Tolstoï

sonate à kreutzer tolstoi

Quand on traverse la Russie en train, mieux vaut avoir de quoi s’occuper ou bien tomber sur des voisins à la langue bien pendue. Le narrateur de La Sonate à Kreutzer a beaucoup de chance de ce côté là puisque dès le début de son voyage s’engage une conversation entre les passagers de son compartiment, et le sujet abordé semble inépuisable : l’amour. On s’étonne de l’augmentation du nombre de divorces, on se félicite du recul des mariages arrangés, on loue l’amour comme dans une charmante pastorale. Mais voilà qu’un malotru, qui depuis le début du voyage n’a produit qu’un bruit étrange entre le râle et le ricanement, vient jeter un froid en prétendant que l’amour n’existe pas, qu’il n’est qu’une attraction physique éphémère. Et qu’il en sait quelque chose, puisqu’il a tué sa femme.

Sonnés par cette révélation, une bonne partie des voyageurs s’éclipsent. Chez le narrateur, la curiosité l’emporte : il veut entendre l’histoire de cet homme. Qui ne se fait pas beaucoup prier. Pour ne pas dévoiler toute l’intrigue, disons qu’il s’est marié pour fuir une vie de débauché qui avait fini par le dégoûter mais que, dès la lune de miel, ses relations avec son épouses se sont dégradées. Après la naissance de plusieurs enfants, l’amour a laissé la place au ressentiment et  la haine qui alimentent une jalousie délirante, laquelle conduira au meurtre annoncé dès le départ.

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