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Le Caillou de Sigolène Vinson

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Un caillou, c’est ce que voudrait devenir la narratrice du roman de Ségolène Vinson. Pour ne plus rien sentir, pour ne plus subir le passage du temps, pour enfin cesser de s’ennuyer. Elle qui a été enseignante un temps se laisse aller depuis qu’elle a pris la décision de démissionner. Comme allergique au contact humain, elle se solidifie peu à peu chez elle.

Jusqu’à sa rencontre avec Monsieur Bernard, un drôle de vieillard qui vit au-dessus de chez elle. Rapprochement rapide entre deux êtres plus très adaptés à la vie. Monsieur Bernard occupe sa retraite à sculpter. Il est convaincu que la narratrice pourra être le modèle de son chef d’oeuvre.

Lorsque Monsieur Bernard meurt avant d’avoir achevé son projet, la narratrice part sur ses traces, en Corse où il passait toutes ses vacances, convaincue que se trouvent là-bas les réponses aux questions qu’elle se pose sur lui. Elle y trouve bien plus : un travail, de nouvelles relations, une raison d’être. C’est le cadeau que lui a fait Monsieur Bernard avant de mourir.

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L’Homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk

vipère bestiaire médiéval

Il y a fort longtemps, dans les forêts d’Estonie, les hommes et les animaux vivaient en harmonie. La langue des serpents, comprise par tous, servait de dialecte commun. Les hommes n’avaient qu’à siffler pour se faire comprendre des ours, des cerfs et des vipères. Quelques mots suffisaient pour qu’un lièvre ou un élan accoure auprès d’un homme et se laisse tuer pour lui servir de repas et, planant au-dessus de cet immense paradis terrestre, la Salamandre, un reptile légendaire « vaste comme la forêt », protégeait tous les Estoniens.

Les habitants de la forêt vivaient en autarcie, sans être troublés par la course du monde. Mais peu à peu, des moines et des hommes de fer ont débarqué sur ses côtes, apportant les progrès de la civilisation chrétienne. La Salamandre a décimé les premières vagues, mais au fur et à mesure que certains habitants de la forêt cédaient aux sirènes de l’agriculture et de l’élevage et fondaient les premiers villages, son pouvoir s’est amoindri. Lorsque commence le roman d’Andrus Kivirähk, seul Leemet, un jeune garçon éduqué à l’ancienne par son oncle Vootele, parle encore correctement le langage des serpents tandis que tous les autres Estoniens perdent petit à petit leurs liens avec les habitants de la forêt.

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