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Le Noyau d’abricot et autres contes de Jean Giono

1001 nuits

Quand on essaie de donner une vue d’ensemble de l’oeuvre de Jean Giono, on trouve généralement commode de dessiner deux grandes périodes que tout opposerait : il y aurait d’un côté les romans des années 30, depuis Colline jusqu’au Chant du monde, des romans dans lesquels la nature occupe une place écrasante, au fond plutôt humaniste voire un brin naïfs ; de l’autre, les romans plus sombres de l’après-guerre, parmi lesquels Un roi sans divertissement occupe la place la plus importante et où la question de l’homme est centrale. Cette classification hâtive ne résiste évidemment pas à l’examen attentif de l’oeuvre de Giono, extrêmement diverse mais finalement toujours reconnaissable à des fils conducteurs solides.

Les quatre contes sélectionnés par Grasset pour figurer dans le Noyau d’abricot, tous écrits dans les années 20, illustrent bien cette constance de Giono à travers les styles : même si le genre choisi ici, celui du conte oriental inspiré des Mille et une nuits qui sont alors le livre de chevet du jeune écrivain, semble nous éloigner radicalement des terres arpentées dans le Hussard sur le toit ou Regain. On y trouvera pourtant des échos des plus intéressants avec l’oeuvre ultérieure de Giono.

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