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Charøgnards de Stéphane Vanderhaeghe

les oiseaux

Sont-ils plus nombreux réellement ou soudain plus visibles ? Est-ce notre attention qu’ils réclament, ces figurants de notre existence au devant de laquelle ils se sont lentement charogné un passage ?

Ou en veulent-ils à notre peau ?

N’était leur nombre croissant à vue d’oeil, ils paraissent pour l’instant bien inoffensifs. Ce que je me disais hier en rentrant chez moi sous leur haie d’horreur, ce que je disais hier à C. aussi en tentant de la tranquilliser après avoir pris le pouls du village de plus en plus vide, de plus en plus vite. Ce que je me suis bien gardé de lui dire hier une fois rentré.

Petit à petit, les charognards ont tout envahi. Des corbeaux, des freux, des corneilles, des choucas, ou même des pies ou des geais – le narrateur ne saurait le dire, lui qui consigne le récit de leur inévitable invasion dans son journal. Au départ, ils semblaient inoffensifs ; tout juste semblaient-ils chaque jour, pour l’observateur averti, un peu plus nombreux que la veille. Mais au fil des jours, il devient impossible d’ignorer ce manteau noir qui se met à recouvrir le monde.

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L’Orage et la Loutre de Lucien Ganiayre

friedrich moine au bord de la mer

On a vu la fin du monde mille et mille fois. Des torrents de feu et de lave, des déluges dévastateurs, des épidémies mortelles, des attaques extraterrestres, des apocalypses technologiques, des collisions planétaires… Et toujours des survivants, isolés ou par poignées, qui tentent simplement de survivre ou entreprennent de créer un nouveau monde. Le genre du récit post-apocalyptique est en général une partition bien réglée, avec ses passages obligés, et l’intérêt principal réside dans les variations qu’un auteur parvient à imprimer dans le déroulement huilé du récit.

Dans le cas de l’Orage et la loutre, roman posthume de Lucien Ganiayre que les Editions de l’Ogre ont sorti de l’oubli au début de l’année, la première note d’originalité provient de l’apocalypse elle-même : non pas un quelconque cataclysme, mais un énigmatique et brutal arrêt du temps qui laisse Jean des Bories, mystérieusement préservé, seul au monde. Autour de lui, dans le village de campagne où il est instituteur, tout est figé – hommes, animaux, plantes, jusqu’au ciel. Inutile d’essayer de réveiller ou de ranimer les êtres vivants : toute secousse leur redonne leur vie et leur chaleur un instant, puis ils rendent leur dernier soupir.

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Le Mur invisible de Marlen Haushofer

underthedome

Dans le roman Dôme de Stephen King, un mystérieux dôme transparent apparaît au-dessus d’une petite ville des Etats-Unis, la coupant du monde et provoquant un enchaînement de catastrophes attisées par l’attitude irresponsable et égocentrique d’un des adjoints municipaux, qui profite de la situation pour prendre le pouvoir.

Presque cinquante ans avant la sortie de Dôme était publié en Autriche un texte au postulat de départ similaire : en une nuit, un mur invisible apparaît autour de la propriété où la narratrice du roman de Marlen Haushofer passe des vacances. Comme dans Dôme, ce mur semble indestructible et coupe ce petit bout de forêt du reste du monde. La principale différence, c’est que la narratrice est seule.

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Pop et Kok de Julien Péluchon

zombies chicou chicou

Au début du XXIIe siècle, une catastrophe d’échelle planétaire réduit quasiment à néant la vie sur Terre. L’origine du Souffle, ce mystérieux nuage bleu roi qui sème la désolation derrière lui, est inconnue ; ses effets eux-mêmes restent mystérieux. Pourquoi certaines personnes sont-elles restées sauves alors que toutes les autres se mettaient à fumer, comme s’ils brûlaient de l’intérieur, en dégageant une odeur de soufre ? Pourquoi, parmi les morts, certains reviennent-ils à eux sous la forme de zombies ? Voilà le genre de questions qu’on n’a pas vraiment le temps de se poser quand, comme Pop et Kok, on essaye de reconstruire un petit morceau de civilisation quelque part au beau milieu du champs de ruines qu’est devenu Rouen.

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