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Le voleur d’enfants de Jules Supervielle

Poucet5

Même si je connaissais Jules Supervielle, dont j’ai lu il y a quelques années les très beaux recueils Gravitations et Débarcadères, j’ignorais complètement qu’il avait écrit autre chose que de la poésie. Tomber sur un de ses romans à la bibliothèque a donc immédiatement attisé ma curiosité et je l’ai emprunté sans hésiter. Pour la petite histoire, et puisque je me suis renseigné depuis Supervielle a écrit plusieurs romans et recueils de nouvelles, et même quelques pièces de théâtre… Qui seront peut-être le sujet d’un prochain article ; mais pour l’heure voyons ce Voleur d’enfants dont le titre annonce l’essentiel : le colonel Philémon Bigua, originaire d’Amérique du Sud, dont la femme est stérile, est pourtant à la tête d’une tribu de trois garçons. Le roman commence lorsqu’il s’apprête à en voler un quatrième, presque sous les yeux de sa nounou, devant un grand magasin parisien.

Le nouveau venu découvre avec nous les us de sa nouvelle famille, et la révolte laisse vite place à une certaine joie : la vie que lui offre le colonel est en tous points meilleure à celle qu’il vivait avec sa mère. Car Bigua ne vole pas des enfants au hasard : un peu comme les d’Hubières de Maupassant, il se considère comme un bienfaiteur qui arrache les enfants à une destinée funeste, que ceux-ci vivent avec des parents peu aimants ou soient livrés à eux-mêmes et obligés de vivre dans la rue.

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