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La Maladroite d’Alexandre Seurat

Elle s’appelle Diana – ça n’est déjà pas un très bon départ dans la vie. Elle est maltraitée par ses parents. Elle est battue, affamée. Quand on lui demande d’où viennent les bleus et les marques sur son corps, elle répond qu’elle est maladroite. Lorsque le roman d’Alexandre Seurat commence, il est déjà trop tard pour la sauver.

Ce n’est pas par la voix de Diana qu’Alexandre Seurat, primo-romancier, choisit de raconter cette terrible histoire d’une enfance brisée, mais par celles des adultes qui l’ont croisée, entourée, et qui n’ont rien pu faire pour elle ; principalement ses instituteurs successifs, les directrices de deux écoles qu’elle a fréquenté, sa grand-mère et sa tante. Tous et toutes ont en commun d’avoir eu des soupçons sur les parents de Diana, sans réussir à les prouver avec suffisamment de force pour la leur faire retirer.

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La Matrice de T. E. Lawrence

t.e. lawrence - lawrence d'arabie

En 1923, Thomas Edward Lawrence s’engage sous pseudonyme comme simple soldat dans la Royal Air Force, laissant derrière lui une carrière déjà riche en retentissements – qu’il agisse de son rôle dans la Révolte Arabe de 1916, qui lui vaut le surnom de Lawrence d’Arabie, ou de sa proximité avec celui qui deviendra Premier Ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill.

Le changement de statut est vertigineux ; d’auxiliaire des forces les plus puissantes de l’empire britannique, Lawrence devient un anonyme, un moins que rien qui, comme tous ses compagnons d’armes, subit quotidiennement l’humiliation des gradés et des conditions de vie déplorables. Des notes prises pendant cette période de sa vie, il tira trente ans plus tard The Mint, traduit en français sous le titre la Matrice.

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Underground de Haruki Murakami

metro tokyo

Le 20 mars 1995 reste dans la mémoire de tous les Japonais pour être le jour où le pays a connu le plus grave attentat depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Entre sept et huit heures du matin, 5 membres de la secte Aum répandent dans autant de rames du métro de Tokyo du gaz sarin, contenu à l’état liquide dans des petites poches qu’ils laissent tomber discrètement sur le sol avant de les percer avec la pointe de leurs parapluies. Ce gaz, dont la composition chimique est proche de certains pesticides, est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Fatal même à petites doses, il peut laisser de graves séquelles aux personnes qui y sont exposées : troubles de la vision, difficultés respiratoires, maux de tête, troubles neurologiques…

Ce matin-là, il y a un peu moins de monde que d’habitude dans le métro de Tokyo : le lendemain est le premier jour du Printemps, jour férié au Japon, et certains font le pont. L’attentat fait tout de même 5500 blessés et 12 morts.

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